Le banjoïste country est un être taciturne. Le plus souvent immobile, il envoie apparement
sans forcer des rafales de doubles croches qui ne lui valent pas
les applaudissements qu' il mérite, car visuellement la main gauche
(si notre ami est droitier) se déplace moins le long du manche
que ses voisins guitaristes ou mandolinistes. Même si la main
droite "tricotte" des arpèges complexes, c' est moins spectaculaire.
Alors, comment fait-il ?
3 choses : l' accordage, les cordes à vide et le picking. On parle
du banjo 5 cordes bien sûr, le banjo "folk", pas du banjo jazz à 4 cordes, appelé aussi banjo ténor ou plectrum banjo selon la taille, et joué au médiator.
Pour comprendre les plans des banjoïstes avant de les adapter
à la guitare, il faut savoir un minimum de choses sur le banjo
lui même et surtout sur son accordage.
La base du 5 cordes c' est un open de G (les 4 cordes aigues) = DGBD. La 5e corde, un G aigu, est
greffée à la place de ce qui devrait être une corde basse. La
note la plus haute tombe donc sous le pouce de la main droite
et est généralement accordée sur la note de la tonalité du morceau,
comme un bourdon aigu.
On imagine déjà comment peut sonner un picking simple avec cette
bizarrerie. Ajoutez à cela un usage systématique des cordes à
vide et des picking joués pouce, index et majeur avec onglets
et vous avez les ingrédients. N' oublions pas le capo pour transposer
les plans et bénéficier des cordes à vide.
Quel interêt pour un guitariste de s' inspirer d' une telle technique
? Il suffit de jouer les mêmes phrases avec un doigté '"normal"
pour se persuader de son utilité dans le vocabulaire guitaristique.
La phrase la plus banale prend alors une couleur très particulière
grace à toutes les notes qui vont continuer à resonner en créant
des "frottements" caractéristiques de 1 ton ou 1/2 ton entre cordes
open et cordes frettées.
J' ai joué ces 2 phrases dans Blue grass state sur mon album "Unplugged Journey" dans un contexte bluegrass sur la grille de "That' s all right Mama". Mais ça fonctionne aussi très bien en rock, country, rockabilly
ou blues. On peut aussi essayer médiator et doigts à la main droite.
L' interêt principal est de tester ce type de plans dans d' autres
styles quitte à les déstructurer. On peut aussi utiliser d' autres
guitares, nylon par exemple.

BANJO TUNINGS
Les noms des cordes sont donnés en chiffrage "americain".
Rappel: A=LA, B= SI, C= DO, D= RE, E= MI, F= FA, G= SOL
Les cordes sont citées par ordre, des graves vers les aigues. Quand les cordes sont doublées à l' octave, la note la plus basse sera en minuscule.
Exemple: Ee, la note "e" sera un Mi à l'octave sous le "E" plus aigu.
Bémol=b, Dièse=#
BANJO 5 CORDES (BLUEGRASS BANJO)
Il se caractérise par une 5e cordes fixée à la moitié du manche côté cordes graves mais en fait c' est la corde la plus aigue. Elle dispose d' un capo spécial coulissant le long du manche et que l' on règle en fonction de la tonalité.
Parfois équipé de "Scruggs pegs", clés normales disposant en plus d' un mécanisme à blocage qui permet en la tournant d' obtenir un intervale prérèglé pour des effets de "bend" rapides et justes.
Des guitaristes ont adopté ce système à leur guitare (Clarence White et Adrian legg).
Le banjo se joue en "picking", avec thumb-pick et 2 onglets. Il est toujours accordé en Open, et le Capo est un accessoire indispensable. N' oubliez pas que la 5e note est la note la plus haute du tuning.
| G tuning: G DGBD |
G minor: G DGBbD |
C tuning: G CGBD |
D tuning: F#(ou A) DF#AD |
D minor: A DFAD |