Les Origines du Bouzouki Irlandais
DUBLIN - ATHENS - DUBLIN

Notre escale Irlandaise est l’occasion de parler du Bouzouki Irlandais, élément utile dans la panoplie des guitaristes et exemple vivant de métissage musical réussi.

La musique Celtique était surtout jouée en groupe, que ce soit en Irlande, en Ecosse, au Pays de Galles ou en Bretagne avec violon, accordéon, harpe, flutes, percussions et cornemuses.

La Renaissance de la musique Irlandaise a coïncidé avec l’arrivée de la guitare qui a rejoint le banjo et même le bouzouki dont beaucoup d’Irlandais ont oublié son origine Grecque. Quand on pense au métissage musical, on évoque généralement un phénomène lent et lointain avec des peuples se déplaçant avec leurs instruments traditionnels qui au contact d’autres peuples s’influencent mutuellement.

Le Bouzouki Irlandais est un exemple de métissage musical actuel aussi réussi que méconnu. C’est un cas particulièrement marquant car il est récent et ne repose pas sur une colonisation culturelle consécutive à une victoire militaire. Il est d’ailleurs interressant de noter que le vaincu sur le plan militaire ou économique a souvent sa revanche en influençant profondément la culture artistique du vainqueur. Il suffit de constater l’influence des « musiques du Sud» ou afro-américaines issues de l’esclavage dans les hit-parades des pays occidentaux pour s’en persuader.

Le cas du Bouzouki Irlandais met en scène 2 éléments fondamentaux du métissage culturel moderne : les voyages et la puissance des médias.
A la fin des années 60, deux musiciens Irlandais, Johnny Moynihan et Alec Finn (la paternité est contreversée) incorporent dans leurs groupes des bouzoukis ramenés de Grèce.
Petit à petit d’autres musiciens s’inspirent de cette formule que la radio popularise. Ce type de son plus précis qu’une 12 cordes (le Bouzouki en compte 8) et moins aigu que la mandoline se plaçait parfaitement dans la formation traditionnelle Irlandaise.

Pour qu’un instrument « importé » s’installe durablement il faut des conditions techniques particulières qui là étaient réunies. Johnny et Alec avaient vu juste. Cet essai survivra au phénomène de mode puisque, après quelques modifications de forme et d’accord, des luthiers locaux se sont lancés dans la fabrication pour répondre à une demande grandissante, qui fait qu’ aujourd’hui, un jeune musicien dublinois peut être persuadé que le Bouzouki est l’instrument de ses ancêtres alors qu’il prolonge en fait une chaîne née en Asie Centrale il y a plusieurs siècles avec le Saz, instrument turc donnant lui-même naissance au Bouzouki grec au début du siècle.

C’est cet instrument qui a servi de base au cousin celte. Les deux tunings les plus utilisés sont : GDAD et ADAD en cordes doubles. Si vos vacances vous amènent en Grèce, n’hésitez pas à vous procurer un de ces instruments.

Voici quelques idées d’utilisation qui peuvent vous aider à sortir d’une impasse lors de la réalisation de vos prochaines productions musicales. La qualité essentielle du timbre du Bouzouki c’est qu’il « passe » très bien dans un play-back quand celui ci commence à être bien rempli. C’est important d’avoir un instrument acoustique à la fois médium et punchy, sur lequel on peut compter pour doubler un thème, faire un arpège, ou même une rythmique sans avoir à faire des corrections drastiques.
En attendant le mois d’Août vous pouvez modifier votre 12 cordes en ôtant les 6e et 5e cordes pour éviter les pollutions dans les graves, modifier la tension des cordes, utiliser un capo et essayer les tunings du Bouzouki, doubler le thème de guitare et jouer les contre-temps en rythmique.