La Guitare Celtique

Les années 60 ont été le théatre du renouveau de la guitare acoustique des deux côtés de l’Atlantique. Ce « revival » a été marqué par l’utilisation et la création grandissante d’Open tunings.
Aux Etats-Unis, CS&N et Leo Kottke avaient les oreilles tournées vers les Indes et le Delta du Mississipi, à Londres Davey Graham et Renbourn créaient ce que l’on appelle aujourd’hui la Guitare Celtique et son tuning favori: le DADGAD.

Dans la forme qu’on lui connait, la musique Celtique remonte au moins au XIVe siècle. Mais ses origines sont beaucoup plus lointaines. Sa complexité rythmique et melodique n’est pas sans rappeler certaines musiques Turques ou d’Asie Centrale.
Ce n’est que très récemment que la guitare s’est adaptée à ce répertoire riche de plus de 2000 mélodies traditionnelles. La musique Celtique était surtout jouée en groupe, que ce soit en Irlande, en Ecosse, au Pays de Galles ou en Bretagne avec violon, accordéon, harpe, flutes, percussions et cornemuses.

La Renaissance de la musique Irlandaise depuis 30 ans coïncide avec l’arrivée de la guitare qui a rejoint le banjo et même le bouzouki dont beaucoup d’Irlandais ont oublié son origine Grecque. On peut bien sûr jouer en flat-pick les fiddle tunes, mais ce qui a vraiment fait exploser la guitare celtique c’est le Fingerstyle et les Open tunings.
Les accords ouverts permettent aux cordes à vide de résonner plus facilement, plus longtemps et donc d’imiter les effets de harpes. Si l’on veut aussi s’inspirer des longs « bourdons » (« drone » en anglais) le fait d’avoir une basse qui puisse sonner est vital, d’où le choix du D grave. En effet, comme c’est le cas de beaucoup de musiques traditionnelles, la musique Celtique est tributaire des tonalités de certains instruments modaux ou à tonalités fixes, certaines flutes, harpes ou cornemuses. De fait, les principales tonalités sont D et G.

Le choix du DADGAD, (prononcer dad-gad, pratique pour mémoriser les notes de chaque corde à partir des graves), comme accordage open caractéristique de la Guitare Celtique n’est pas dû au hasard. C’est une des tonalités principales et les intervalles de quintes, quartes et octaves garantissent le maximum de résonances. La seconde entre G et A sur les cordes 2 et 3 vient renforcer cette possibilité en évitant les stretchs. Cet intervalle de seconde se retrouve dans d’autres open celtiques EADEAE (D et E) chez Davey Graham un des pionniers ou CGDGAD (G et A) chez Dave Evans.

C’est Pierre Bensusan qui a été le plus loin dans le travail sur le DADGAD en l’utilisant comme accord de base quel que soit le contexte musical. Ce tuning synonyme de musique celtique a largement dépassé le cadre des clubs folk. Utilisé entre autres par Adrian Legg, Michael Hedges, Dan Ar Bras, il a des adeptes aussi chez les guitaristes hard Joe Perry d’Aerosmith et Jimmy Page de Led Zepplin dans Kashmir et Black mountain side.
Les résonances étant l’un des principaux avantages des « Open », pour bien en profiter il est absolument nécessaire de veiller à la fluidité du jeu grâce à une parfaite synchronisation main droite-main gauche et à une bonne régularité rythmique dans l’exécution des triolets.

Celtic Suite