Christophe Colomb et les Conquistadors ont amené avec eux les musiques d' Europe. Cette colonisation suivie de l'apport d'esclaves venus d'Afrique a crée une situation où toutes les cultures, Européennes, Indiennes et Africaines se sont interpénétrées pour donner naissance à de nouvelles musiques faites de rencontres cosmopolites et aléatoires de rythmes, d'harmonies et de mélodies.
L'Amérique Centrale, comme son nom l'indique est un carrefour géographique. Ce fut l'endroit des mariages considérés jusque là contre nature : Rumbas, Mazurkas, rythmes Africains
.ont cohabité jusqu'à la fusion . Un exemple du mode de propagation des styles musicaux bien connu des Caraïbéens : parmi les esclaves venus d'Afrique il y avait les "Nègres à talents" (nommés ainsi par leurs maîtres de l'époque), des musiciens "vedettes"qui étaient vendus ou echangés entre propriétaires dans toutes les Caraïbes, de New Orleans à Trinidad. En diffusant leurs cultures ils ont été sans le savoir d'importants acteurs de l'élaboration des musiques du Nouveau Monde.
Pour jouer ces musiques Latino-Americaines, les guitares ont une place de choix. Les duos et trios de guitares font partie de la tradition de Porto Rico et du Mexique (à l'occasion jetez une oreille sur ces stars des années 50 et 60, il n'y avait pas que "Maria Elena!"). Luthiers et musiciens ont dû modifier ou créer aussi de nouveaux instruments inspirés de ceux venus d'Espagne et du Portugal, pour s'adapter à ces musiques populaires et festives et trouver leur place aux côtés des violons, percussions, voix, accordéons...
Peu chères, faciles à bricoler et à transporter, pouvant jouer l'accompagnement, la basse ou les solos, les guitares "Latinos" couvrent tous les registres : de l'énorme Bajo Sexto mexicain, mélange de 12 cordes et de basse au Tres cubain, à 3 cordes doubles, genre de mini 12 cordes. Juste retour des choses, le Bajo Sexto et avec lui toute la culture Tex-Mex des frontaliers commence à attirer l'attention des luthiers US. Fender a créé un modèle de Telecaster "Bajo Sexto", une guitare electrique baryton à 6 cordes. Pour vous éclairer, je vous livre quelques infos sur la localisation et les tunings de ces guitares "tropicales". (Quand des cordes doubles sont à l'octave je les note en majuscule et minuscule) DE MEXICO A CUBA
Le "Washé" Antillais. Tire son nom du Washboard de la Nouvelle Orléans. C'est la rythmique de guitare caractéristique de la biguine, jouée aux doigts. En ce qui concerne la main droite il semble qu'il y ait autant de Washés que de guitaristes Antillais, je serai donc de la plus grande prudence en essayant cette transcription. Le mieux est bien sûr la tradition orale, avec ou sans "ti punch" et je ne peux que recommander l'écoute des super-pickers Antillais, experts-es Washé : Francisco, Jacob dans Kassav en electrique mais aussi Gerard LaViny et Yvon Rosillette en acoustique sur le dernier CD de Ralph Thamar.
Si vous n'avez pas l'âme de Champollion pour déchiffrer, vous pourrez
écouter cet exemple en RealAudio qui j'en suis sûr vous donnera une idée de la richesse de cette rythmique "pays" qui intrigue plus d'un guitariste métropolitain.(Tempo décomposé de lent à rapide)