STEEL-GUITAR STORY
- 5ème partie -

LA PEDAL-STEEL GUITAR

Héritière de la guitare Hawaïenne, des Dobros et de la lap-steel, la pedal-steel guitar intrigue et fascine les guitaristes. On en voit peu et la dernière étape de ce voyage qui nous a mené de Hawaï à Nashville va nous permettre d'en savoir un peu plus cet instrument magique.

La compétition est dure entre les instruments. Certains offrent de grandes possibilités harmoniques comme le piano, d'autres comme le violon ou la guitare proposent aux interprètes d'infinies manières de moduler les notes. Tout au long de leur histoire les instruments ont vu ainsi leurs limites repoussées par des virtuoses mais aussi par des améliorations techniques bien souvent nées de la frustration de musiciens se trouvant dans l'impossibilité matérielle d'effectuer certains traits. La lap-steel se jouait à plat sur les genoux, d'abord simple guitare electrique elle s'enrichit de 2 cordes supplémentaires, mais les accords étaient difficiles à faire. On vit apparaître alors des lap-steel à plusieurs manches accordés différemment. Devenue trop lourde on la plaça sur des pieds et on joua debout en continuant à multiplier les manches, jusqu'à 5 avec chacun son open-tuning pour couvrir tous les accords utilisés dans le Western-swing.

Cette multiplication déboucha vite sur une impasse. A la demande de musiciens, Gibson créa en 1939 la première pedal-steel, l'Electraharp. Elle n'avait qu'un manche, 8 cordes mais 6 pédales. L'idée était, comme pour la harpe de monter ou baisser la hauteur de certaines cordes d'un intervalle pré-établi par pression du pied sur une pédale reliéé par cable ou mieux par un système de tringlerie à la corde. Des butées règlent avec précision la course des pédales et en choisissant judicieusement l'accordage de base et les cordes à modifier on peut avoir accès à tous les accords. C'est une nouvelle technique à apprendre. Prenons un exemple simple: on peut désormais monter une note d'un demi-ton soit en glissant avec précision la steel bar tenue dans la main gauche d'une case vers les aigus (comme avec un bottleneck) ou, nouveauté, sans bouger la main gauche simplement appuyer sur la bonne pédale, (celle que l'on a règlée pour monter cette corde d'un demi-ton). Dans les deux cas il faut bien sûr frapper cette corde avec la main droite munie de 2 onglets en métal et d'un thumb-pick.

Emmons et Sho-Bud aux USA, Wiesner (la Rolls désormais construite en France!) prirent le relais de Gibson pour construire des pedal-steel de plus en plus précises et des virtuoses comme Buddy Emmons, Loyd Green et Paul Franklin (ce dernier officie entre autres avec Dire Straits) abordent tous les répertoires. La pedal-steel de base se joue assis, elle a 10 cordes accordées en E9th (le Nashville tuning), 3 pédales et 4 genouillères actionnées en déplaçant les genoux vers l'interieur ou l'exterieur. Leur fonction et mécanisme sont exactement identiques à celle des pédales, elles augmentent simplement les possibilités. Quand vous voyez des modèles à 2 manches, le second est en C6, plus adapté au jazz. Si vous souhaitez vous en procurer une, sachez que la pedal-steel est bien présente en France et je vous invite à me rejoindre aux côtés de Lozach, Wenling, Bozonnet, Langlois...